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M Nkoy : Si le Hip Hop congolais veut aller de l’avant, il doit apprendre des autres dans le monde

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M Nkoy : Si le Hip Hop congolais veut aller de l’avant, il doit apprendre des autres dans le monde
Mukendi Nkoy A.K.A Axoum @2Click'Zer 2018

Lors d’une interview accordée à 243 Stars, Axoum (ndlr Mukendi Nkoy), membre du groupe BOMOKO BA NKOY, parle de son expérience dans le circuit et évoque les pistes de solution que le mouvement Hip Hop congolais devrait prendre pour aller de l'avant.

Mukendi Nkoy a.k.a Axoum est un membre actif du groupe BOMOKO BA NKOY, artiste rappeur, Beatmaker et Ingénieur de son. Dans cet entretien, il se confie à 2Click’Zer.

C’est depuis quand que tu exerces dans le circuit et comment expliquer le fait que tu sois Rappeur et Beatmaker ?

J’ai embrassé le monde de la musique depuis 2006 en tant que rappeur et deux ans plus tard j’ai décidé de me tourner vers le beatmaking. Ce revirement je peux le justifier par deux choses : d’une part par la recherche du bon instrumental et d’une autre part par une mauvaise expérience où je me suis fait entuber par un beatmaker.

A l’époque j’avais 15 ou 16 ans et on devrait faire un featuring avec l’artiste Soluble dit Sol 43 qui vit actuellement en France ! Alors j’ai fait des économies pour le projet en studio car je vendais la friperie pour ma mère. Nous sommes tombés sur un bon beatmaker du nom de Fils Black dans la commune de Matete, il était aussi ingénieur de son au Studio Helena. Le deal était qu’on lui avance 20 dollars pour le beat mais malheureusement le gars nous a carotté ! Alors tu ne peux pas imaginer comment cette mauvaise expérience m’a stressé et depuis j’ai décidé de devenir moi-même beatmaker. Alors avec mon frère Matempu Nkoy, avons décidé de commencer le beatmaking ensemble en autodidactes.

Signalons que tu es diplômé de l’un des plus grands centre de l’audio visuel de l’Afrique « ICA », comment tu as atterri dans le label 243 Street  et pourquoi tu l’as quitté ?

Tout commence par une histoire qui venait de se terminer trop mal pour nous lors d’un festival que nous avions fait à Kikwit au Bandundu avec Grodash  ensuite notre studio MAT Records a connu aussi un problème en termes de matériels, mais aussi que beaucoup de membres du groupe étaient en voyage, il ne restait que moi et Mpeya. Et à la somme de tout ça, ma femme était enceinte et vivait chez moi, donc il fallait au plus vite trouver une issue que de stagner et comme Grodash faisait déjà parti du label 243 Street, mais aussi que le label semblait prometteur, alors on s’est dit qu’il serait une bonne chose d’aller chez 243 Street.

Progressivement j’ai fini par devenir sélectionneur, directeur artistique, beatmaker, ingénieur de son mais aussi j’étais artiste dans le label.

Alors mon départ de 243 Street était plutôt question de rémunération. Comme je l’ai dit plus haut, j’ai une femme et donc je ne peux pas me permettre de travailler pour des clopinettes.

Maintenant quelles sont vos nouvelles depuis votre départ du label 243 Street depuis janvier 2018 ?

Juste après notre départ il y a eu Multirec Studio qui nous a invité pour un bon projet au niveau de Matadi ; mais aussi on a rencontré la famille Kinshasound avec qui on a fait des chansons …

La plus grande nouvelle je dirai que le Studio Mat Record est de nouveau opérationnel et nous venons de faire un feauturing avec l’artiste Gaz Fabilous dont le titre est « Pasuka », mais aussi nous avons fait une chanson « BakaGoal » en hommage pour notre grand joueur Cédric Bakambu.

En tant que producteur et ingénieur son, quelle analyse du peux faire du mouvement urbain d’aujourd’hui et son avenir ?

A part les difficultés qui sont liées directement à l’environnement dans lequel nous travaillons, (cela inclut le budget insignifiant, les matériels, mais aussi l’énergie électrique quasi inexistant …) ; je peux en plus évoquer le problème dans le camp des artistes. Il y a de ses artistes qui viennent répéter le jour de la prise de voix car ils viennent sans maitriser leurs textes et du coup faire une prise de voix devient un triple travail : revoir le texte des artistes, répéter avec lui et enfin la prise de son en soi. Au comble de tout ça, le temps est à la fois limité du fait que je ne puis me permettre de me focaliser sur son seul morceau, lui non plus est trop pressé je ne sais pour quelle fin et le résultat : un niveau bas ou moyen de son morceau.

Juste après avoir enregistré son morceau, il n’y a plus aucune suite ! Donc nous avons affaire avec des artistes fainéants qui déjà ne font aucune promotion de leurs œuvres portant des titres qui, mis en avant, pourraient changer la donne du Game. On se sent dans l’obligation de lui créer ne serait-ce qu’une page Facebook, une chaine Youtube, lui faire une affiche ou même encore lui trouver des contrats de prestation ; tout ça pour éviter que notre travail soit vain. Il y en a aussi qui payent cash mais n’ont aucun talent et au final tu auras beau mis de l’intelligence dans son œuvre mais rien de bon n’en sortir parce que déjà à la base c’est mort mais il ira dire à tout le monde que c’est la faute de l’ingénieur. Faudrait qu’ils sachent qu’avec le peu qu’ils payent nous ne pouvons pas assumer le travail d’une direction artistique car cela ferait beaucoup trop de travail pour peu d’argent.

Ils ont aussi beaucoup trop de lacunes tant dans leur langage que dans leurs écrits ; il y a trop de « copier-coller » et cela fait qu’il y a de moins en moins d’originalité dans ce qu’ils font, c’est tout ce que je pourrais dire pour le moment.

Mais pour l’avenir je dirai que c’est presque mort ! Je me permets de citer Grodash qui un jour nous a dit : « Si le mouvement Hip Hop congolais veut aller de l’avant, il doit nécessairement faire un recul pour écouter ce qu’était le début du Hip Hop dans le monde et en prendre connaissance ».

Coté rap je donne un exemple où tu as un rappeur qui a commencé sa carrière en 2015 mais si tu lui propose un instrumental Old school déjà tu le mets en difficulté ... Donc il faut qu’on rentre vraiment en arrière pour s’imprégner des bases du Hip Hop.

Jusqu’en 2020 s’il y a plus d’émissions comme Mic Offensif où nous voyons l’artiste venir se défendre en live dans la street devant un public ou encore des diffuseurs comme Congo Discover, Nova Talent ou encore Street’Zer donc tout plein d’innovations… là du moins nous pouvons croire à un  avenir de ce mouvement. Il faut que les Shows redeviennent chauds et qu’on multiplie les compétitions.

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