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Qui est Hassan Murhabazi le journaliste kidnappé à Bukavu le 11 septembre 2018 ?

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Qui est Hassan Murhabazi le journaliste kidnappé à Bukavu le 11 septembre 2018 ?
Hassan Murhabazi lors d'un live show

Dj, Chroniqueur et journaliste, Hassan Murhabazi s’est fait un as des médias surtout grâce à son immense talent de « touche à tout » qu’il ne cesse de mettre au service de la Radio Svein.

Né le 17 novembre 1992 à Bukavu, fils du Révérend Pasteur Murhabazi Barati et de Munguakonkwa Jeannette, H. Murhabazi fit ses études primaires à l’EP Imani/Panzi avant de poursuivre ses études secondaires à l’institut Namurera/Kaziba où il obtint son diplôme d’Etat en 2012.

Passionné par le journalisme, Hassan Murhabazi poursuit toujours son cursus académique à l’Université Officielle de Bukavu dans la faculté des Lettres, département de sciences de l’information et de la communication

Un journaliste avant le journalisme

Avant même de finir ses études secondaires, Hassan se découvre un don pour le journalisme et en 2009, il réussit à obtenir une accréditation de Stagiaire à la radio Umoja de Kaziba où il eut ses premières formations en journalisme ; une formation organisée par le Centre Lokole et RHM (Radio Habari Mahalumu), partenaires de la Radio Umoja.

En plus du don pour le journalisme et grâce à ses aptitudes techniques, il est formé comme technicien des médias, modulateur et chroniqueur. Plus tard en 2010 il occupe le poste de Directeur technique de la Radio Umoja.

Malgré ses lourdes tâches de Directeur technique de la Radio, Hassan Murhabazi ne pouvait pas déroger à sa passion pour le micro et parvint malgré tout à décrocher une émission, sa toute première d’ailleurs « Nyota ya Msani » littéralement « l’Etoile de l’Artiste ».

Après ses études secondaires effectuées à Kaziba – un village dans le fort intérieur de la province du Sud-Kivu – Hassan rentre à Bukavu mais peine à arracher un poste dans les médias locaux de Bukavu jusqu’en 2013 où il a profité de l’ouverture de la radio Svein pour en premier lieu occuper un poste temporaire de stagiaire technique, poste qui lui a permis de proposer le clone de son émission fétiche mais sous le nom de « Mtazamo wa wasani », une émission qui couplée à ses capacités techniques démontrées lui ont valu le poste de Directeur technique Adjoint deux ans après et celui de Directeur Technique l’année suivante.

Journaliste permanent, chroniqueur et technique à la radio Svein depuis 2013, en plus des diverses animations d’antenne qu’il occupe, Hassan Murhabazi présente deux émission virales notamment :

« Mtazamo wa Wasanii » qui est une émission 100% artistique qui se focalise dans la promotion des artistes et de la musique locale mais aussi en conservant un aperçu sur la musique nationale qu’internationale.

« Mkate » en français « Pain » où il est surtout question des maux qui gangrènent la société mais aussi de l’irresponsabilité des autorités tant politiques, administratives, ecclésiastiques que coutumières. Les différentes corruptions qui sont observées dans la société font l’objet des critiques de la part du journaliste mais aussi des auditeurs qui s’expriment autour de la question.

 « Toute vérité est bonne à dire » : les prémices d’un kidnapping avéré

Avant d’être kidnappé, le journaliste avait eu beaucoup de signes avant-coureurs comme des menaces de toute part et cela que ce soit sur téléphone ou vis-à-vis !

Travaillant pour un média dont la ligne éditoriale est « le changement de mentalité », la vérité reste le seul mot sur lequel la radio Svein ne jure !

Hassan a au fur et à mesure, par le biais de ses émissions, irrité beaucoup de personnes que ce soit des autorités politico-administratives, coutumières, ecclésiastiques et mêmes certains artistes. Selon ses propos, il préfère dire la vérité telle quelle et même si elle blesse, elle soigne les âmes : « Je préfère dire tout haut ce que tout le monde dit tout bas et par la même occasion soigner les âmes ».

Allant de l’incident de la « mauvaise aube d’Abas Kayonga » où le journaliste reprenait les commentaires des auditeurs, et que la radio fut envahie quelques heures plus tard par des agents de l’ANR ; passant par les plaintes des habitants de Luhwindja sur l’occupation « inutile de leurs terres par la société minière BANRO » et où il s’est attiré la colère de la « Mwamikazi » ; ou encore les critiques formulées lors d’une de ses émissions contre le régime despotique imposé par le Révérend Pasteur de l’Eglise 8e CEPAC Sayuni / Kadutu qui s’est montré aussi très mécontent ou encore contre des petits malentendus avec des artistes, ou même sur le conflit opposant le Recteur de l’UOB et certains de ses professeurs ; Hassan s’affiche toujours présent quand il s’agit de dénoncer le mal et même s’il est aimé pour ça, il ne manque pas des gens mécontents.

« Les menaces les plus récentes sont celles reçues par SMS lors de la présentation de l’émission  « MKATE » dimanche le 9 octobre 2018 soit deux jour avant mon enlèvement. Lorsque nous présentions l’émission avec mon collègue Joseph, une émission dans laquelle nous avions comparé les manifestations de la LUCHA pour refuser la machine à voter réprimées par les forces de l’ordre, aux manifestations organisées par les « Amis d’Emmanuel SHADARI » qui ont été protégées et encadrées par la Police …

Alors que l’émission avançait, nous avons reçu des textos de la part d’un auditeur qui nous accusait de parler du mal à la personne d’Emmanuel Shadari et qui nous promettait de nous faire du mal si on n’arrêtait pas … »

Le mardi du kidnapping : comment c’est arrivé ?

« Le mardi 11 septembre 2018 pendant que je me préparais pour aller affronter les examens de la seconde session à l’université officielle de Bukavu, UOB j’ai reçu un appel de la part d’une de mes camarades de l’auditoire qui voulait savoir où j’étais mais le téléphone s’est déchargé et je l’ai remis en charge. Peu après quand j’allais récupérer mon téléphone qui été en charge pour rappeler mes camarades, j’ai vu une personne qui entrait dans l’enclos de la radio en m’appelant par mon nom et qui voulait que je le suive en dehors parce qu’il y avait quelqu’un qui voulait me parler… la personne qui voulait me parler était dans une voiture et je lui parlais à travers la portière. Ma présence ici, disait-il est due au fait que j’ai un communiqué pour la radio et que j’aimerai qu’en dehors des spots, tu le fasses aussi passer dans tes émission et antennes d’animation et tu seras rémunéré pour ça … on parlait des choses très intéressantes tellement que j’ai dû baisser ma garde et m’a proposé de monter dans sa voiture et c’est à ce moment là qu’il a bloqué toutes les portières de sa voiture … je voulais sortir par force ou même crier et il a sorti son pistolet et m’a dit que si je criais encore une seule fois, il me mettrait une balle dans la tête… il  m’a tellement fait peur en me montrant des photos de moi qu’il avait prises dans la même journée, il me disait tout ce qu’il connaissait sur moi et me confirmait qu’il me suivait déjà il y a très longtemps et donc il connait où j’étudie, où je dors, quel chemin j’emprunte le plus souvent …tout en me rassurant que ce jour était mon dernier jour sur terre alors j’ai perdu tous mes moyens. On roulait et à un certain moment il m’a donné 100$ et m’a demandé d’aller prendre ma carte d’identité et de disparaitre mais la seconde d’après il a encore changé d’avis… j’ai senti une odeur de parfum dans la voiture venant du siège arrière et c’est à ce moment là que j’ai perdu connaissance jusqu’à ce que je me sois réveillé deux jours plus tard, ivre-mort, en pleine route à Kabare. Quand je reprenais petit à petit connaissance, on m’a informé que j’étais bel et bien à Kabare et j’ai demandé à ce que je sois conduit à Chijo parce qu’une maman de là était venue se plaindre à notre radio concernant leur situation précaire …Assis à la porte d’une église 5e CELPA Chijo, une femme m’envoya son fils pour qu’il sache de quoi je souffrais mais je ne pouvais rien dire car je croyais que peut être ces gens aussi étaient parmi ceux qui m’ont kidnappé… Après un pasteur a prié pour moi et m’ont payé la moto pour que j’aille me faire soigner dans un centre hospitalier BIOSADEC à Bagira du fait que Bagira n’était plus loin de Chijo et que je pouvais y arriver à moto. Arrivé au centre de santé BIOSADEC, il y avait un médecin Adolphe Macumu qui connaissait ma famille et c’est lui qui les a appelé … Ma famille, le promoteur de la radio Svein et un agent de l’Agence Nationale de Renseignement, ANR sont venus me prendre et m’ont amené vers l’hôpital général de référence de Panzi où j’ai été interné pendant 9 jours. »

Hassan Murhabazi de retour sur le micro

Après 3 mois de convalescence, H. Murhabazi a été officiellement réintroduit, ce samedi 15 décembre 2018, au Micro de la radio Svein par le directeur de la même radio M. Honneur David Safari et a repris sa plus attendue émission « Mtazamo wa wasani » vers 18h°° heure de Bukavu.

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